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Le milieu de l’été

vendredi 22 juillet 2016, par Grosse Fatigue

Je ne sais pas si l’été a un milieu. Je ne suis pas sûr qu’autre chose que les objets standardisés ait un milieu. Certains cherchent le centre de la France depuis toujours. J’ai l’impression que c’est le milieu de l’été : il faudrait calculer.

Je viens de raccrocher. J’ai eu Damien au téléphone. C’est un vieil ami qui prend des nouvelles. Je l’ai finalement rejoint sur le même échouage. Nous avons conclu que, effectivement, nous avons été romantiques. La sienne l’a tué il y a longtemps, il n’a élevé que les enfants des autres et ne sait plus trop où aller, sachant qu’il peut y aller sereinement seul. On est plus serein seul. Je lui ai conseillé trois bouquins pour oublier sa dernière hypothèse en date : nous ne sommes pas trop libres, c’est juste que nous pensons mal.

Mon grand gamin joue "Spain" sur le piano qu’il faudrait rendre à sa mère. Et Brel chante "Les Bourgeois" en arrière-plan sur Youtube™. Un ami lecteur me demande de revenir pour parler de Trump et des présidentielles, enfin, de le faire en septembre.

J’ai fait tomber mon reflex dans une rivière. Il est mort. Ma cousine aussi. Elle sera enterrée samedi prochain dans le village où elle habite. Je me souviens d’elle comme d’un souffle, de ce que l’on entend parfois la nuit, mais rien de plus. Elle était fragile comme une enfant, même quand elle était enfant. Elle me rendait triste mais savait que ça n’était pas de sa faute. Ma sœur m’a annoncé qu’elle avait sans doute aussi un cancer du cerveau. Je n’ai pas insisté. Le cancer du sein me suffit bien. Nikon me propose un réduction sur du neuf. Pour ma cousine, on ne me propose rien. Philip K. Dick est toujours mort, pour l’instant.

Avec les enfants, nous sommes allés à la piscine et j’ai fait des photos sous l’eau, pour me venger de ma bêtise, avec un compact étanche, en pensant à l’été et à ce film américain que nous regardions ensemble du temps où. "Little children" je crois. Et puis Nougaro chantant "Un été", là, fin juillet, que je viens de mettre en arrière-plan.

Aujourd’hui, j’ai accepté de vieillir pour de bon. Une tique coincée au-dessus du cœur, j’ai peur de chopper la maladie de Lyme, et, pour une fois, la tête est restée malgré la pince à épiler neuve, que j’ai achetée au Super-U des clodos d’à-côté. Je vois de plus en plus mal.

Restent les enfants. Ils sont heureux et ils sont grands, même le petit qui dessine enfin bien. Ils sont heureux et c’est bien le principal, avec la santé et les vieux copains et les éclopés. Sans compter ceux et celles qui m’annoncent qu’ils vont se quitter parce que le long-courrier doit faire escale. Il y avait tromperie sur la marchandise, bien entendu. Nous sommes vraiment trop romantiques.

Me voilà revenu, donc.