GROSSE FATIGUE cause toujours....

Orwell Facebook™

mercredi 22 février 2012, par Grosse Fatigue

Ils sont connectés. En permanence. Ne s’en cachent pas. Pas de honte. Pas de quant à soi. Pas d’intimité. Une pornographie corporelle en pente douce. Ils se surveillent eux-mêmes. Décrivent leurs besoins en ligne. Avant d’aller les satisfaire dans les toilettes collectives à Bac + 3. Le wifi leur ouvre le monde et me cloue le bec. Je suis un homme mort. Bras ballants. Ils ont autour de vingt ans. Ils sont déjà très vieux et n’ont pas vraiment faim. Je suis le professeur sans désir. Je voudrais juste parfois les tuer. Là, dans l’amphi. Un par un. A l’américaine. A l’envers. J’ai honte. Je ne sais pas comment les aider. Je ne peux pas lutter contre internet, Wiki truc, l’Aphone 4, les réseaux soi-disant ceci cela. L’impuissance totale. Je rêve à nouveau de la panne électrique. La pénurie un jour.

Si Orwell savait.

Les caméras, Staline et la RDA, ça n’était rien. Un interlude. L’asservissement, le meilleur, le plus sûr, c’est le volontaire : l’enthousiaste. Que l’on se connecte les uns les autres, upload photographies et rendez-vous pour ne rien dire. Nos utopies ne servaient à rien. L’horizon, demain ? La promesse d’une bande passante.

Je rêve d’une platine vinyle.

Comment les assassiner, pour leur éviter les souffrances de la vacuité des 80% d’une classe d’âge au bac ? Les parents sont-ils au courant ? Mais non je ne suis pas de droite. C’est le contraire. Tout le contraire.

Orwell, mon vieux Georges. La Catalogne. Le phalanstère. La ferme des animaux. Tout ça pour rien.



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