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Mathilde est revenue : ça existe.

dimanche 30 août 2015, par Grosse Fatigue

Mathilde est revenue. Il fallait qu’elle revienne. Ça n’est pas son nom mais c’est pour le symbole de Brel. Fallait qu’elle revienne.

Elle est partie en mars. J’étais à deux doigts. Elle est partie en mars avec armes et bagages, la folie dans l’air, c’était pas la joie. Mes mômes sont partis dans le coffre, ils étaient tout malheureux. Le monde s’écroulait. On me tenait par sous les bras, il fallait tenir. Elle me disait n’importe quoi. "Quand je reviendrais tu seras plus là". Voilà ce qu’elle me disait.

Elle est partie avec un type ignoble. Elle était prévenue : comme la chèvre de monsieur Seguin. Comme quoi ça sert à rien. Elle m’a dit : je finirais par m’ennuyer. Ceux qui connaissaient le type ignoble n’en revenaient pas. On ne revient pas de l’ignoble. Pas indemne.

Il oscillait de l’abject au ridicule : drôle de trapéziste.

Et puis au début de l’été, David l’a eue au téléphone. Il m’a dit qu’elle lui avait dit bla bla bla. Ça n’est pas rien. La connerie de sa vie. Qu’elle s’ennuyait. Alors qu’avec moi, ben, forcément : jamais. Tout mais pas l’ennui.

Moi, Jacques Brel, idiot : je me suis mis à me méfier, à écouter Ferré aussi.

Et puis elle est revenue début août. Ça rime avec rien à foutre. Elle a amené son Mac, s’est connectée, et je l’ai regardée une demi-heure remplir des formulaires en ligne. Je l’ai engueulée : quand même je lui disais, quand même !

Elle faisait chier avec ses formulaires en ligne.

Elle m’a dit qu’elle ne l’aimait plus et que moi, elle m’aimerait toujours.

Ça n’était pas rien.

Et comme il est extrêmement prétentieux : un con, un vrai, il s’est senti obligé de m’envoyer un texto en me disant qu’il me la rendait.

Quelle histoire.

J’avais enterré au fond du jardin les sentiments que j’avais gardés pour moi. J’avais fait mon fier vous pensez bien et puis là, elle me fait ses yeux de biche, je craque. "Tu me manques à chaque instant". Ça n’est pas rien non plus. C’est beau je trouve. Chaque instant : ça fait beaucoup.

Nous partons en vacances, à la Michel Fugain, mais fin de chanson, chacun de son côté. Je pars en Provence elle part je ne sais où. Pas un message, pas un appel, rien. Je lui manque énormément mais très discrètement.

Passons.

Elle revient m’emprunte la bagnole pour déménager les derniers trucs de chez lui pour les mettre chez elle, dans son appartement à elle.

Et puis rien. Je la vois un peu. Elle m’engueule. Elle renvoie la balle. Il n’y a rien à faire.

Elle me dit qu’elle a toujours des sentiments pour lui. Qu’elle ne sait pas trop.

Et l’autre soir, alors que je passais chez elle prendre des affaires pour les mômes, et que j’essayais juste de la comprendre - parce que je ne la comprends pas, et c’est frustrant quand on ne comprend pas - au lieu de discuter, elle se met à monter un fauteuil, avec des écrous et un mode d’emploi. Puis elle se lève et me dit : "Tire-toi GF, tire-toi".

Brel aurait pu en écrire des tartines sur les Mathilde. C’est très étrange. Très très étrange.

Rien ne sert de prévenir, rien ne sert. Mais vraiment rien. Les Mathilde de Brel, ça existe les gars. Oui, les Mathilde qui reviennent, ça existe. Ça revient. Et puis ça repart. Ça te laisse juste un truc dans le cœur, et puis voilà.

Jacques, rien ne sert de prévenir : il faut guérir.