GROSSE FATIGUE cause toujours....

Les promesses du zoo

jeudi 22 décembre 2011, par Grosse Fatigue

Sur le site du Boston Globe [1], des animaux sauvages. Ah quel plaisir que de voir des animaux sauvages. C’est consolant. Et sur un site américain en plus ! Nous montrer comme ça la nature, les yeux des singes. Les ours blancs, une tortue dans un banc de sardines ! Le retour de Cousteau en image fixe numérique. Tout cela est magnifique, plein d’espoir. Je me dis :

Il en reste !

Voilà. Il en reste !

Je télécharge même certains clichés en fonds d’écran, pour m’en souvenir régulièrement. Comme si tout allait bien. Comme si j’étais une secrétaire aux jambes trop lourdes face au vide quotidien.

Mais oui, de la sauvagerie, des lieux où l’on ne va jamais, où les animaux sont heureux. La nature est sauve.

Au début, je suis émerveillé.

Et puis je m’aperçois que la plupart des photos sont prises dans des zoos. Des méga-zoos où des Américains comme nous reconstituent la nature en un décor hollywoodien sans spectateur visible. Tout est hors-champ. On se laisse bien avoir. Autrefois on détestait. Les bêtes derrière les barreaux avaient l’air aussi malheureuses que moi à la même époque en cours de mathématiques. C’était l’impuissance totale. Mais autrefois n’existe plus. On nous vend les zoos parce qu’ils sauveraient la nature. Ils sont là en attendant. En attendant la disparition tant attendue de l’homo-sapiens, vous, nous, moi, on conserve dans des zoos les restes préservés (SIC) des espèces que l’on détruit dans les champs, la mer, l’et cætera tant convoité. Il est vrai que la vision américaine de la nature nous a tous conquis.(Phrase à double-sens, dois-je le souligner ?) La nature, c’est un parc naturel dans un coin. Des zones pavillonnaires pour le reste du monde. Et si jamais il y avait du gaz de schiste sous le parc naturel, ça ne serait pas si grave. On autoriserait le percement. La nature est, comment dire ?

A nous.

Je regarde mon jardin dans l’hiver tiède qui nous menace, je me dis qu’on ferait mieux de partir. Sans se presser bien sûr. Mais laisser tout ça sans nous, ce ne serait pas si mal. Le goudron finirait par craqueler. Des érables y pousseraient, la nature reprendrait ses droits dans les zones pavillonnaires. Aigles royaux nichant en haut des HLM. Ce serait sans doute beau à voir.

A condition que tous les gardiens de zoo aient l’idée d’ouvrir les portes avant de s’en aller.



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