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Les Américaines vont au bal...

mercredi 17 avril 2013, par Grosse Fatigue

Je lis dans Télérama une petite bafouille sur des Américaines de Géorgie qui veulent danser ensemble. C’est que ça ne se fait pas. Il y a des noires et des blanches sur la photo. Ce sont des Américaines au collège. Elles sont grosses voire pire, et souriantes et mal sapées. L’harmonie des couleurs laisse dubitatif. Les coiffures sont avant tout des symboles de l’embarras : les cheveux sont ce qui nous reste de plus naturel, de moins domestique. Elles sont donc coiffées comme des filles de droite, rien d’ostentatoire. Elles veulent juste aller au bal, le bal le plus traditionnel, la plus ringarde des coutumes américaines. On n’y entend ni Piaf ni Zizi Jeanmaire, on danse avec son petit bouquet dans la main, et ses kilos en trop, après avoir bouffé des milliers d’hectolitres de gasoil dans des voitures trop grandes. C’est la campagne. Sur la photographie faite au compact, elles ont les yeux rouges. Et même si, à plat, on ne les entend pas, je sais déjà qu’elles parlent trop fort et s’enthousiasment outrancières en voyant une cathédrale ou simplement une bicoque du moyen-âge, pour peu qu’elles trouvent un siège sur un transatlantique. Elles sont simples et sans élégance. Ce sont les modèles des Chinoises. Et un jour des Indiennes, et remontez la pendule terrestre jusqu’au dernier trou du cul du monde : elles iront si l’on peut y trouver un Fast-Food.

Bref : elles font peur.

Bref : la couleur est un leurre.

Elles me font peur parce que l’Amérique, c’est l’avenir. Et déjà, des coutumes terrifiantes nous reviennent de là-bas, rodéo et froufrous, musique péquenauds nazillarde et country de mauvais aloi. Les Américains ont toujours un mal fou à nous vendre leur produit dieu, mais pour le reste, et surtout pour le produit séparation : ils sont très forts. En Géorgie donc, des bals différents à des dates décalées pour Blancs et Noirs. On n’en attendait pas moins. Mais j’y pense : elles veulent danser ensemble. Elles ne veulent plus de cette séparation.

C’est l’optimisme !

Car, si l’on y regarde de plus près, à la manière d’un extra-terrestre bonhomme (?), ces neuf jeunes filles presque toutes obèses qui attendent le prince charmant ; avec la même naïveté que celle, justement, des princes charmants du cru croyant à leurs flingues et à leur bon droit ; ces neuf jeunes filles sont quasiment identiques. Même taille, même poids, même envie de prince charmant, même mauvais goût et même approximation dans la perception des couleurs et de leur harmonie. Seuls leurs ancêtres diffèrent et encore, pour les plus ou moins noires, on peut être sûr que l’ascendant anglais doit être palpable à l’ADN près... Elles ont peut-être enfin compris les similitudes, la monotonie qui les unit à jamais : celle de l’Amérique dite "profonde" (allez comprendre) loin de la Californie de carnaval à la Edgar Morin. (Ah ah ah ! Dès que je dis "Edgar Morin", j’éclate de rire ! Ah ah ah ah !).

Après plusieurs générations détestables, les voilà qui se regardent dans l’embarras des corps trop nourris, dans l’ennui de leurs traditions de petites élèves sérieuses, dans les croyances à la papa et le conformisme ambiant : elles découvrent Nougaro et ses conclusions sur les Noirs et les Blancs.

J’attends maintenant qu’elles militent âprement pour un saphisme métissé et des cures d’amaigrissement gratuites, avant de les féliciter pour de bon....