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JOUIR DU PASSAGE EN CAISSE

jeudi 15 novembre 2012, par Grosse Fatigue

Au supermarché.

Heure de pointe.

Des dizaines de retraités ont eu leur bon de sortie. A pas lents, ils se fournissent pour les deux jours qui suivent. Il m’est très douloureux de me savoir comme eux, en 2032. Est-ce nécessaire ? Dois-je y penser ?

Au rayon légumes frais, une apparition : deux bonnes sœurs. A elles seules, elles me rappellent, comme si cela était nécessaire, que l’ennemi n’est pas qu’islamique. Laissez les religieux faire à leur guise, et c’est le voile sans le Vendée-Globe™. Quelle tristesse. Et même :

Quelle horreur.

Ces femmes qui auraient pu être infirmières (ça n’empêche pas), journalistes (ou femmes de président), ou enseignantes, ou chef d’entreprise, enfin, n’importe quoi... Voire mère.... Les voilà préférant consacrer leurs rides et cette sécheresse vaginale permanente à une idée plus que douteuse, dans le réconfort de leur poêle à bois et de leurs miteuses illusions. Au secours !

Et voilà SuperMoi™, votre super-héros mesdames, moi-je. MOI ! SuperMoi™ carbure au chocolat et aux jolies filles, à la cuisse légère et à la jeunesse perdue à jamais. Ah, des femmes, des femmes, j’adore. Il faut donc sauver ces deux-là. Je les suis discrètement. Je m’aventure. Au rayon légumes, donc, je rajoute dans leurs caddies™ une dizaine de concombres. Mon maître, le professeur Choron™ m’est apparu à l’instant, de son sourire goguenard, avec son fume-cigarette et ses bas résilles, il a fait de moi son glaive. Dix concombres. Quelle surprise mesdames. Et que des légumes se fassent spéléologues, une gageure pour la recherche médicale ! Haroun Tazieff s’en retourne dans sa tombe. (Bien que je le crois plutôt tendance crémation...).

Est-ce bien suffisant ?

Non. Je file au rayon sous-vêtements. En promotion, des strings à foison, pour ces dessous à toisons. (Ces bonnes sœurs, c’est la faillite des épilatrices de tous poils).... J’en prends quatre séries de trois, ce qui doit faire douze. Je retrouve mes bonnes sœurs, et je glisse, sous le regard des caméras de sécurité, ce surplus bienvenu. Chance : sous les choux-fleurs, mes strings se font discrets. De quoi croire presque en dieu.... SuperMoi™, ça nous change de Marvel™. Je savoure, seul, mon combat, ma victoire. J’hésite pourtant. Dois-je rajouter par en-dessous, et rapidement, un exemplaire d’Union™ ayant pour titre "Initiation à la sodomie entre copines" ??

J’avoue que c’est très tentant. Je calcule rapidement : il faut retourner au rayon livres. Puis revenir au jambon. Passer sur le côté. Glisser la chose afin qu’elle ne soit dévoilée qu’à la caisse. Et puis, très important : je dois être là, avec un téléphone portable, afin de les prendre en photo à la caisse, devant tant de malentendus.... Mon cœur se met à battre. Aurais-je le temps ? Faut-il courir ? Je les vois. Elles s’approchent des caisses. J’accélère. L’exemplaire poisseux du magazine dans la main gauche. Oui, je les double, et je tourne à droite, prétextant un besoin immédiat en PQ, et je lance de mon mieux l’exemplaire satanique sur le côté du caddy™. Là, je le vois en une fraction de secondes glisser vers le fond, alors que nos deux amies, ayant perdu depuis longtemps l’usage de leur zygomatiques, se demandent encore où la queue est la moins longue, ce qui est la moindre des choses pour une bonne sœur, qui regarde vers la gauche.

Il ne me reste plus qu’à me positionner derrière elles, et à jouir du passage en caisse.

QUI AURAIT PU CROIRE QUE L’ON POUVAIT JOUIR DU PASSAGE EN CAISSE ???