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Danser avec Cécile

mercredi 7 novembre 2012, par Grosse Fatigue

J’ai rêvé que je dansais avec Cécile. Non pas que Cécile fût la danseuse la plus sensuelle. C’était la plus classe.

Malgré mes pieds constamment dans le ciment. Malgré mon dos douloureux même à vingt-deux ans. J’ai rêvé que sur One and only, d’Adele, je dansais avec Cécile. Que les crétins me reprochent mes choix musicaux ne me frôlerait même pas l’esprit : j’aime les slows, et Joe Jackson aussi, et tant mieux.

Danser avec Cécile, en tournant avec elle maintenant qu’elle a quarante-six ans. Et moi aussi. Rien n’a changé. On a des gamins, elle a des amants. Je n’ai pas le temps et je ne plais plus à personne. Mais elle rit, me traite de con qui ne change pas, un énorme compliment en ces jours tragiques où l’automne est bien plus qu’une saison passagère. Putain, danser avec Cécile.

Il y a des spots mauves et d’autres rouges, des bulles de savon, et nous voilà flamboyants. Ce n’est pas que l’on soit resté amoureux, je ne l’ai jamais été. Elle non plus d’ailleurs. Mais c’est juste la complicité. C’est un bien très durable. Moins volatile que l’amour, mois volaille dans les plumes de la passion, la complicité.
Je lui chante Adèle à l’oreille. Elle se marre. C’est l’extase. En fait, on est carrément à un concert d’Adèle, dans une salle de bal en banlieue de Londres.

Cécile, je lui pardonne d’avoir regardé sa montre pendant l’amour - bizarrement, je n’ai jamais pardonné à Valérie d’avoir fumé une clope avant, après et PENDANT l’amour - mais c’est une autre histoire. Je lui demande si elle regarde toujours sa montre pendant l’amour. Elle se marre encore plus. Les trucs un peu physiques, ça la gave me dit-elle.

Il y a des filles comme ça, jeune homme, méfie-toi, ce n’est pas la fin du monde, faut juste en changer [1]. Vingt ans plus tard, tu risques quand même de rêver que tu danses un slow avec elle.


[1de fille, de monde