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Et surtout : mentir

mercredi 24 octobre 2012, par Grosse Fatigue

T’es un menteur papa. Voilà ce que j’entends dès que j’omets une information sans importance. Les enfants confondent omission et mensonge. En cela ils ont des principes moraux supérieurs, ce qui m’encourage à ne pas les mettre au cyclisme.

Le problème avec le mensonge, c’est que l’on y croit. J’ai longtemps raconté avoir foutu un coup de boule à un connard mais. Mais ce n’est pas vraiment mon vocabulaire, et puis c’est faux. Je l’avoue, j’ai menti. Je mens en permanence sur des tas de choses, par omission ou par enjolivage, comme pour les roues des voitures. Nous vivons surtout l’époque du mensonge, et le mensonge rencontre assez facilement la croyance. En ce moment, on m’assure que mes cours prendront du galon en utilisant un Ipad™. De nombreux collègues y croient et veulent y croire. Même si la plupart sont assez cons, ce n’est pas le cas de tous et certaines aimeraient bien un bidule pour leurs recettes de cuisine. Les profs-hommes parce que c’est un machin, et les garçons aiment la mécanique, tant qu’elle n’est pas quantique. Les étudiants, nés d’un mensonge à l’époque du mensonge - papa et maman leur ont fait croire à l’amour, ah - sont ravis de compenser leur indigence par une puce, un écran plat et un GPS.

On le serait à moins.

On nous promet un avenir technologique, la fin du cancer du poumon, par exemple. Je me demande si la recherche dans le domaine coûte plus cher que l’interdiction du tabac, car les causalités simples et aujourd’hui évidentes ne sont jamais à l’abri d’un beau mensonge du style : la recherche avance... Dans chaque information d’actualité, il y a un mensonge et son corollaire : la croyance. Les grandes religions et les petites sectes ne se gênent pas, il faut y croire.

La réduction du déficit est un beau mensonge : aussi inutile que dérisoire. L’économie étant artificielle, toute tentative de freiner l’artifice freine l’économie. Et, à moins de ne manger que des patates, et d’éteindre nos écrans, il vaut mieux encourager l’endettement, qui est bien le seul levier de l’artifice. On pourrait interdire les produits chinois au nom des Droits de l’homme : pas de produits importés d’une dictature. Ce serait beau et franc, un geste incroyable. Et ce ne serait pas un mensonge.

C’est peu vendable.

Tu bosses ? Elle me demande. Il est 9:11.

Je réponds oui. Oui je bosse. Bien sûr. Je.