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Les parents d’élèves sont des cons/je hais les réformes scolaires

mardi 9 octobre 2012, par Grosse Fatigue

J’ai toujours détesté les parents d’élèves. Je ne m’en suis pas aperçu tout de suite. C’est arrivé au lycée. Les parents d’élèves demandaient mon éviction. J’étais un pertubateur. Deux ou trois profs sont intervenus en ma faveur. Mais ce n’est pas pour cela que je déteste les parents d’élèves. Je considère qu’ils n’ont rien à faire dans les écoles. On pourrait les bloquer à l’entrée, avec les aumôniers catholiques et l’ensemble des parasites. Le parent d’élève est le pire de ceux-là, avec le conseiller d’orientation, et le sociologue bourdieusien. Le conseiller d’orientation est un redoublant à vie. D’abord pion pour payer ses études, puis étudiant pour rester pion, puis conseiller d’orientation. Si les conseillers d’orientation savaient orienter, ils s’orienteraient eux-mêmes ailleurs. Groupe de rock ou trio jazz. (Que l’on pardonne mon utopie soudaine, mais une émission soi-disant démocratique de France-Inter où l’on interroge des gens du même avis m’a rendu fou). (Sans compter qu’un seul auditeur était de MON avis et que l’on s’est un peu foutu de lui. Il s’appelait Max, il a tout mon soutien, merde).

Où en étais-je avec toutes ces conneries ?

Je hais les parents d’élèves et les réformes scolaires. Hollande en annonce encore une dans le sens du poil. Du poil du mauvais élève, du moins tel qu’on l’imagine dans les ministères. Le poil du défavorisé, qui ressemblerait de nos jours à un redoublant. Supprimons donc les redoublants, et les défavorisés seront invisibles. Belle affaire. Et puis ça mange pas de pain. Moi j’ai des noms. Des noms de profs qui m’ont sauvé. Gérard Poulnot, François Boussange. Ceux-là étaient crédibles et vous emmenaient ailleurs, à aimer le Français et la littérature, le dessin, l’économie. J’ai hélas connu de bons profs de maths mais il a toujours été trop tard dans mon cas. Les réformes scolaires, c’est montrer du doigt la Finlande et fabriquer les Etats-Unis. Car les bourgeois quitteront le public pour l’école privée. On y fabriquera leurs enfants mieux qu’ailleurs, ils auront des devoirs et de vraies notes, ce qui n’est pas très grave. Ce ne sont pas les mauvaises notes qui foutent la honte. C’est d’être mal habillé, c’est d’avoir une mère trop vieille. C’est de ne rien comprendre.
Les Américains ont compris tout cela. Au diable l’école publique. Le ghetto s’y débrouille. Ailleurs, c’est la sélection. Au diable la Finlande. Un pays homogène, obéissant, avec personne dedans.

La France, ça ne marchait pas si mal du temps de l’ascenseur social. Mais voilà que certains se sont mis à détester l’ascenseur. Il faudrait que l’on soit tous égaux là maintenant et pas plus tard qu’aujourd’hui. Ils se gaussent d’illusions et le niveau baisse, et l’on fabrique de bons consommateurs de téléphones portables.

La prof de Français de mon gamin nous l’a dit. "Aucune personne n’a raté un job parce qu’il faisait des fautes d’orthographe. Et puis il y a des correcteurs automatiques sur les ordinateurs. Il ne faut pas s’en inquiéter." Voilà, tout est dit. De l’inutilité de la dame, de notre manière de sombrer.

Il ne faudrait pas écrire sous la colère.