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Ce soir j’en ai marre

lundi 9 septembre 2013, par Grosse Fatigue

Ce soir j’en ai marre. Un ami prof me demande si j’utilise Zorglub 2.1 pour faire cours avec mon Ipad™ à nos crétins. Je lui dis que non. J’ai même perdu l’Ipad™ qu’on nous a donné. Il doit traîner sous les jouets des mômes ou dans mon atelier, dans la sciure, ou derrière la cage des cochons d’Inde. Oui, en fait, j’ai envie de lui dire que j’utilise parfois Zorglub 2.1 mais que je préfère l’ancienne version, qui faisait aussi thermomètre anal les soirs de fièvre. Mais les soirs de fièvre sont rares, et il faut coucher les enfants. J’en ai marre.

Lundi soir.

J’ai appelé les impôts. Un humain m’a répondu charmant. Par email, il m’a proposé de l’appeler. Je lui ai demandé si je pouvais payer en deux fois. Il m’a dit que non. J’ai eu peur qu’il me prenne pour un connard de droite comme j’en connais. J’ai vraiment tout fait pour qu’il sache que je n’étais pas de droite. Je lui ai dit que j’étais presque content de payer des impôts même si je n’avais pas bien compris la répartition des tiers provisionnels à mon âge, à cause du niveau en maths de mon Bac B. Encore une fois, ce fonctionnaire a eu toute ma considération. Il a compris que c’est ma femme qui gagnait ma vie, et que je n’avais pas trop l’habitude des changements de régime. J’ai demandé à combien sont les gens dans la dèche et il a cru que j’étais de droite. J’ai vraiment tout fait pour lui dire que les impôts c’était très bien sinon on serait comme aux Etats-Unis, avec des milices privées et la malbouffe, tout ça. Ici, les impôts achètent notre sécurité, etc. Je dis beaucoup etc. en ce moment, comme si je n’avais rien à dire même si je boue à l’intérieur. Ah, Dominique, je vous vois venir ! Je sais très bien que l’on écrit "Je bous", mais c’est moche alors que la boue dont nous sommes faits... comme des rats !

Ce soir donc j’en ai marre qu’un fonctionnaire imagine que je suis de droite, qu’un copain me demande si j’utilise un logiciel, qu’un type éructe parce que je l’ai klaxonné cet ivrogne, ce défoncé, lui qui se gare devant moi sans rien à foutre mais rien à foutre du reste de l’univers et qui t’engueule parce que tu lui demandes juste d’utiliser son cerveau pour autre chose que pour baver.

Putain j’en ai marre ce soir.

Et puis Lazuly mon copain breton virtuel qui me dit que mon dernier texte sur Léa Seydoux est nul. Mais moi je l’aimais bien. J’ai toujours du mal à dire du mal de la bourgeoisie de longue date à un public de gauche :

- d’une, le public de gauche rétrécit. Si j’étais répertorié sur un site de droite, j’aurais plus de lecteurs.
- de deux : le public de gauche s’en fout.

Je dois admettre qu’il a raison après tout. On va pas transformer les sidérurgistes de la vallée de la Fench ma chérie, ce Colorado en plus petit en poufs protestantes bien élevées qui posesraient nues ou toutes habillées dans des supports publicitaires payants, hein, on VA PAS LE FAIRE ÇA HEIN ?

Non, ça coûterait trop cher en chirurgie esthétique. Maurice, prends les patins et tais-toi.

Ce soir, ah oui, ce soir, je rêve d’être comme la plupart des gens. Roy me regarde dans le noir et sourit. Il a peut-être atteint son but. Oui, j’aimerais habiter dans un pavillon avec du carrelage et un Scénic™ à crédit dans le garage. Un écran plat super-immense et mes enfants qui fumeraient en cachette. J’aurais du bide. Je veux dire encore plus. Et j’aimerais le football. Tout serait plus simple, moins poétique. La colère serait comme diffuse mais pas rentable.

Après tout cela, CERTAINS SE DEMANDENT POURQUOI LES OUVRIERS VOTENT À DROITE.

Ah les cons.

J’en ai marre.