La France n'est pas un pays de mélomanes, encore moins de musiciens. France-Inter nous le redit, c'est Johny qui gagne pleins de millions avec ses beugleries, et c'est la radio publique qui s'enorgueillit de soutenir la plus jolie des Italiennes aphones en la personne de Carla Bruni. Barbara, reviens !
L'école publique n'enseigne pas la musique, et les gamins sauf les petits bourgeois ont les oreilles pleines de merde dès l'âge de trois ans, à entendre l'écho des goûts de papa et maman. Le classement des plus grosses ventes en atteste, au pays de la grande bouffe, l'oreille est muette.
On aurait pu imaginer que l'État tout-puissant allait un jour décider d'une réforme en fanfare, d'un avenant à la constitution, bref, que la France allait décider de remédier à cela. Mais Jack Lang a préféré enterrer la musique une fois par an à la sauce populo-barbecue, le jour des grands mariages.
Poum tchac poum.
C'est donc à la justice aujourd'hui que l'on doit l'une des plus grandes, des plus judicieuses décisions en faveur de la musique, une décision de salubrité publique, la fin de la légionellose auriculaire, de la constipation en clé de sol, du look caravane en plastique parking de supermarché, oui, merci au juge !
Car Florent Pagny, truandeur fiscal, a écopé de prison avec sursis. Qu'il aille en appel, qu'il grille un feu rouge, qu'il oublie de payer un intermittent de son pathétique spectacle et c'est la tôle ! La justice musicale !
Merci, merci.
Et si jamais les autres suivant Polnareff mais sans la mélodie finissaient par se faire prendre, on pourrait espérer entendre un beau silence merveilleux sur les ondes saturées. Et voir les caisses de l'Etat soi disant vides un peu moins vides. Et peut-être voir les enfants acheter des guitares.