C'est fou comme le cinéma américain se moque dorénavant des vraisemblances. Tenez, hier soir, je vais voir la "Plasinge des nets". Le livre de Pierre Boulle était une pure merveille, et les différentes adaptations antérieures pas mal du tout. Même si Charlton Heston n'était entouré que d'hommes blancs, le réalisme l'emportait.
La nouvelle version fait dans le costume et dans le décor. C'est la moindre des choses de la part d'un réalisateur qui n'est finalement qu'un chef-décorateur de talent, mais rien de plus. Beaux décors, beaux maquillages, bons effets spéciaux, beaux costumes.
Scénario ?
Rien. Le public américain se moque du scénario. Et pas qu'un peu. Alors, pourquoi s'en faire ? Sans compter les anachronismes de tous poils (sic). Tenez, par exemple :
- le héros est toujours bien rasé, même après plusieurs jours sans rasoir trois lames
- le héros est toujours propre et bien peigné
- le héros n'a pas de trace de sueur sous les bras
- le héros oublie sa mallette de survie en sortant de astronef (sous l'eau), il est donc obligé d'y revenir plus tard
- le héros ne panique pas quand un singe lui bousille son flingue-laser
- le flingue-laser du second astronef piloté par un gentil singe, à la fin, est un pistolet normal, avec des balles
- le feu provoqué par les réacteurs de la station spatiale ne crame pas les gorilles méchants, il les assomme seulement
- le héros n'a pas de libido, il ne tente rien en direction du top-model, pourtant à sa merci (le héros est un connard d'Américain puritain)
- le héros n'a qu'une idée en tête : retourner sur la terre, alors que là-bas, il se fait un harem tranquillement
- les singes deviennent cosmopolites à la fin, et d'un seul coup. Il faudrait refiler le tuyau en Israël...
- les singes vivent en couples d'espèces différentes, donc stériles. Faut pas qu'ils se plaignent que les hommes se reproduisent mieux...
- les hommes, descendant d'un seul vaisseau spatial américain, ont tous la même tête : ils sont blancs. Sauf deux Asiatiques et deux Noirs. Comme c'est étrange, le métissage de la station spatiale ne s'est pas fait... Ah ! Les tabous américains, ça vous reconstitue Harlem et l'Alabama sur Pluton....
- les figurants hirsutes n'ont pas l'air américains : ils ont des gros nez. On dirait des paysans français dans les années 70 au Larzac, clin d'il à José Bové ?
- les singes sautent très hauts mais oublient de marcher comme des singes, le plus souvent...
- les trous dans l'espace-temps ne sont plus ce qu'ils étaient, les derniers seront les premiers et les premiers les derniers arrivés, sans compter le singe qui part au milieu pour arriver à la fin (ceux qui n'ont pas vu le film ne peuvent comprendre, mais c'est pas grave)
- à la fin, le héros met 5 minutes pour retourner sur Terre, pas mal !
- Abraham Lincoln a une drôle de gueule, mais c'est pas pour faire de l'humour, c'est pour faire une suite....
Le cinéma américain, c'est des costumes, des effets spéciaux et des décors. Et puis une suite.