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La vulgarité : un standard

mardi 8 mars 2016, par Grosse Fatigue

Bon ben finalement je n’ai pas su quoi dire à l’étudiante aux cuisses tatouées quand elle m’a dit que la sociologie la faisait chier.

Littéralement. A bac+5, mais quel bac, que faut-il répondre à cela ?

Et puis j’en ai marre des gens qui me disent qu’il ne faut pas juger le goût des autres parce que ça commence à suffire les tatoueurs ou l’art contemporain ou les architectures de nos banlieues ou les barquettes de cellophane ou les pavillons de la classe moyenne ou les meubles Ikéa™

JE JUGE : C’EST MOCHE, C’EST CON, ÇA PUE.

En un mot : ça fait chier si je ne m’abuse.

Depuis quand doit-on se taire face à la vulgarité imposée par la nouvelle classe globalisée de la généraion Y et de ses parents divorcés qui voient dans la liberté de faire n’importe quoi le summum d’une humanité moderne ? N’importe quoi Feyerabend, n’importe quoi. Les philosophes me comprendront, les autres feront des efforts. J’en ai marre de la laideur qui vient d’en-haut, de celle qui vient d’en-bas, de ces gamins qui s’appellent Killian au nom de la liberté de choisir. En vrai, j’en ai marre de la liberté de choisir, ou de celle de licencier, ou encore pire, la liberté d’être ce que l’on est, voire mieux : d’en être fier.

Mon père me disait tout le temps qu’il n’y a pas de quoi être fier lui qui n’était fier de rien. Il avait raison. Il faudrait accomplir quelque chose pour en être fier, mais la plupart des vulgaires se contentent de nous brandir soit leurs origines locales, soit leur liberté, ce qui va de la fierté d’être Basque ou Corse ou je ne sais quoi, à la liberté de ne pas attacher les gamins à l’arrière, l’important, c’est de faire tout ça dans une tambouille de vulgarité kitsch à la mode, puisque tout se vaut.

Nul.

Les enfants n’évitent plus les gros mots ni à l’école ni à la maison, ce qui donne aux gros mots un goût pathétique et sans tabou, alors que nous, on avait de vieux Play-Boy™ et des Lui™ avec des pages collées au milieu. Là, c’est porno 3D même pas crypté ADSL, ah, désolé. Pas de désir, des gros plans. La vie ressemble à un scénario porno. Enfin bon, en tout cas, quand on est prof, c’est souvent le cas.

Oui, pauvre fille, moi aussi la sociologie me fait chier, et pas qu’un peu. Celle qui nous a dit que tout se valait, qu’il fallait lutter contre toute esthétique car toute esthétique est forcément dominatrice donc bourgeoise, c’est jeter Gainsbourg dans les bras de Guy Béat un soir d’Apostrophe™ (cherchez sur l’INA, croustillant). Oui, pauvre fille, tu devrais faire un effort pour être quelqu’un qui sait des choses ou qui sait en faire plutôt que de nous montrer tes cuisses pathétiques et trop blanches et ce nœud de jarretière comme dans les mariages d’autrefois, où les puceaux s’imaginaient la soirée de leur nuit de noces à se purger d’un trop-plein d’entrailles juteuses. Oui, pauvre conne, l’humanité se passerait bien de toi et si la sociologie t’emmerde, eh bien, j’assume.

Je sais que maintenant, tu domines tout, toi, l’Américaine infectée d’outre-Atlantique, casquette de travers et bouche en cul de poule, allez, je te souhaite pleins de maladies de la vulve, des trucs carnassiers à te faire pousser des cèpes clitoridiens sur le pourtour du cloaque qui te sert de cerveau, entre tes cuisses tatouées de truie contemporaine.

Moi aussi, tu me fais chier. Standard.

Grave.