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Le petit Florian

dimanche 28 février 2016, par Grosse Fatigue

Très fort. Très très fort. Je l’ai pris en cours de route. Je n’ai pas reconnu sa voix. Je ne connais pas sa voix. Je connais leurs voix. Les leurs, nombreuses. Il paraît qu’ils iraient vers l’apaisement. J’aime ce mot : on m’a demandé d’y aller aussi, vers l’apaisement, à propose de mon divorce. L’apaisement n’est pas la justice. En un mot : il faut se méfier.

Je ne me méfie pas. J’écoute. Je n’ai toujours pas compris qui est cet HEC, qui est cet énarque. Après tout, je suis de l’époque où le Front National était le cloaque où grenouillaient encore d’anciens OAS, des cathos traditionalistes (mes préférés), quelques oripeaux de l’Europe aryenne ou du Club de l’Horloge, trois ou quatre transfuges ultra-libéraux qui voyaient en Le Pen un Reagan à la française (c’est dire leurs ambitions), et tout un ramassis de puants, costards-cravates ou treillis, peu importe. Le FN était un peu un jouet dans les mains de Mitterrand, du moins l’ancien Vichyste et tueur d’Algériens aimait-il à le croire. On a la pourriture que l’on mérite. Et pour en avoir, on en a eu.

Il faut dire que l’époque était encore à la caricature, pour le meilleur (Hara-Kiri, l’Echo des Savanes...), et pour le pire. Le pire, je viens d’en parler.

Alors quand cette voix inconnue cite Hobbes et son treizième chapitre, ou Renan et sa vision de la nation, j’écarquille les yeux. Ce type est de droite, c’est une évidence, mais contrairement à la nouvelle génération des crétins de droite - c’est-à-dire globalement la plupart des énarques du PS et les sénateurs "écologistes" - monsieur a des lettres. Un peu trop même. Il a laissé au vestiaire les oripeaux de l’Algérie Française, de Pétain et du Crapouillot, et je suis bien certain qu’à Minute ou à Présent, le gendre idéal n’est pas issu du bon sillon, le sanglant du deuxième couplet.

Peut-être faut-il alors comprendre : monsieur est gaulliste. Fine stratégie. Depuis bien avant Sarkozy, tous les gaullistes sont morts. Alors ça ne mange pas de pain, du moins pas celui des Français Fernand Raynaud, de se référer à mongénéral.... Référence, révérence et petit pas de deux. Il y a dans cet HEC du commercial patenté. Il y a chez l’énarque la langue de bois, du bois vert encore souple, bien avant le maniement de la bureaucratie au pouvoir : monsieur a les mains libres et la langue bien pendue.

Ce n’est pas la première fois que j’écoute des gens d’extrême-droite bien causer le français. Dupont-Aignan m’a beaucoup surpris lui aussi. Ces deux-là ont oublié les couplets racistes qu’ils abandonnent à leur électorat de cas sociaux... Eux, c’est autre chose.

Mais non, ça n’est pas autre chose. Il y a trente ans, Philipot se serait appelé Sarkozy et aurait trouvé une place au chaud dans les méandres affairistes d’un RPR chiraquien qui sentait bon la tête de veau. Un Sarkozy en plus intelligent et en plus cultivé : est-ce vraiment difficile ?

Quand je pense que c’est le fils de Jules-Edouard Moustic : un Grolandais ! Tout s’explique....

Le petit Florian ira loin. A moins que, comme le pauvre Stirbois, il finisse dans un fossé. On n’est jamais assez prudent avec ces gens-là. Parce que chez ces gens-là monsieur, on ne cause pas. On cogne.

A moins qu’ils n’aient vraiment beaucoup changé, pour de vrai !

Et personne ne me fera croire au renouveau : le terme est lui-même d’extrême-droite....