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Moi, j’adore Rachida Dati

mardi 8 septembre 2015, par Grosse Fatigue

Oui : j’adore Rachida Dati. Les gens la détestent car il la prennent au sérieux, parce qu’elle se dit femme politique. Comme beaucoup de femmes et d’hommes politiques, c’est juste une ambitieuse. On ne déteste pas les ambitieux, nous, les gentils. On s’en fout. Elle nous arnaque et parle en notre nom ? Qui y croit encore ? On reconnaît les cons au fait qu’ils se croient tout permis. J’ai expliqué ça à la mère de mes enfants qui est partie pour l’un d’entre-eux. Il m’a expliqué qu’il allait reprendre mon rôle de père avec mes propres enfants, j’en passe et des meilleurs. Oui, il se croit tout permis. Comme Rachida. Comme d’autres.

Mais Rachida, c’est du médiatique. Elle a les tics des bourgeoises du XVIème et le prénom de la beurette de banlieue. De ce paradoxe est né un personnage sordide et ridicule, qui nous rappelle que Molière n’a fait qu’accoucher de la réalité. La fiction n’est rien. Nous vivons tous les jours de plus ou moins grands cauchemars et heureux ceux pour qui le bonheur dure plus d’un mois. Je sors de plusieurs années de bonheur, j’en ai bien profité. Et puis une Rachida Dati a sonné à ma porte : il faut en rire.

Car il y a eux et nous. Nous sommes les autres. Nous aimons l’amitié et le vin pas cher que l’on offre car on offre. On ne demande pas de compte car on n’est pas comptable de nos goûts ni de nos couleurs, encore moins de nos fréquentations ou de notre façon de penser. Nous sommes les autres, les gens libres. Nous avons pleuré Cabu, Wolinski et d’autres parce qu’on les a vraiment lus. On ne nous y prend pas : cela pourrait être notre devise. Nous aimons les gens en ayant quand même la détestation forte, mais essayant de la rentrer. Je sais que nous sommes nombreux.

Alors Rachida ou Coppé, Sarkozy ou Macron, tous les médiocres qui nous gouvernent et qui n’intéressent que les délaissés télévisuels, les beaufs affalés, peu nous importe. Nous sommes Rahan, nous avons lu Pif-Gadget et regrettons sa mort. Nous sommes debout. Alors alors alors : Rachida Dati, nous la regardons en riant. Car il faut rire de tout. De ses amants, de son vocabulaire, de son assurance. Car ça n’est pas grave. Nous sommes au cinéma de la comédie humaine, de notre peur misérable, de notre sort qui se terminera mal. Il y a pire mais nous sommes incapables car nous avons peur. Des Allemands ont accueilli des Syriens. Les fachos les préviennent : les Syriens contiennent sans doute aussi des terroristes. C’est sans doute vrai. Mais la peur ne les a pas contaminés. J’ai l’impression que l’Allemagne, venant d’où elle vient, n’a pas de Rachida Dati dans ses rangs. Pour cela, il faut la prétention française et un peu de ridicule à l’italienne. Rachida : je t’aime. Fais-moi rire encore, montre-nous tes parures, abreuve-nous de tes paroles poisseuses, de ta hargne, de ta rogne. Fais-nous croire que tu as de l’importance et que, pour toi, le ministère de l’Education Nationale a interdit l’enseignement des vers de La Fontaine à l’école. Oui, Rachida, c’est bien toi le plus beau modèle de la misère, de l’échec de ce que nous serions collectivement si nous pouvions y croire encore. Rachida n’est rien, il faut en rire. Les larmes aux yeux parfois, mais en rire.