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A l’aune des enfants

lundi 26 mars 2012, par Grosse Fatigue

A quoi juger les hommes. Y-a-t’il une échelle ? Jusqu’à maintenant, dans ma naïveté, j’oscillais entre le poème de Kipling et une certaine utopie marxiste, consistant à dire que l’homme idéal serait capable d’être jardinier le matin et médecin l’après-midi. A force de croire à tout cela, je m’éparpille. Du grand n’importe quoi.

Depuis que j’ai des mômes, j’ai l’impression qu’ils sont l’échelle. Voilà à quoi juger la vie d’un homme : à sa manière d’élever, je pèse mon mot, ses enfants. Même un utopiste n’a qu’une vie. Selon les moyens, on fera de son mieux. Bien sûr, les enfants ont d’autres influences. Les enfants de cons sont si nombreux. Mais ce sont des enfants. Il y a toujours une petite parcelle libre chez un enfant. C’est là qu’il faut cultiver.

Ne pas projeter. Ne pas projeter. Tout le monde me le dit. Ne te vois pas en eux, sinon, ils finiront par écrire en ligne ce que tu n’as pas eu le courage d’écrire en vrai. De père en fils : loser.
Ne pas projeter.

Ne pas trop leur en vouloir. Sinon, ils t’en voudront encore plus.

Faut-il les frustrer ? Faut-il offrir ?

A force d’écouter du blues je me demande souvent si une enfance malheureuse dans le Mississippi n’est pas préférable à l’enfance dorée de Neuilly. La preuve : Sarkozy, l’enfant mal élevé, a des goûts exécrables en terme de musique. Mais pas que.

Et puis les éduquer à quoi ? Je connais des instituteurs qui les éduquent à la liberté ou au relativisme. Ils en feront des moines bouddhistes. Des chirurgiens en font des scouts. Ils finiront dans les soirées pourries de David Guetta à Ibiza.

Reste Philip Roth et le "Professeur de désir". Très bien. Donner envie. Quelle ambition.

Je pensais à tout cela hier soir en couchant le plus grand. Il écoutait de la musique à la radio, tout-à-fait enchanté.

Sauf que c’était de la techno.

Pourvu que ça passe.