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Je hais la religion : Mona je t’aime quand même

lundi 19 août 2013, par Grosse Fatigue

Dans un récent article, Mona s’en prend aux religiophobes.

Mona je t’ai toujours aimée. J’ai rarement été d’accord avec toi. La gauche qui défend l’opium du peuple et pas les Manuscrits de 44, je t’avoue : ça m’emmerde. Qu’aujourd’hui encore, des gens de gauche défendent les musulmans, c’est-à-dire des gens qui se réclament d’une religion et d’une seule, et qu’ils les défendent au nom de la liberté d’expression, permets-moi de te dire que ça me faisait marrer quand Desproges avait encore des os. Aujourd’hui, ça me fait un peu gerber. Que des gens de gauche défendent des Musulmans et pas les Arabes athées de mes copains qui se verraient mieux à boire du vin quand ils le veulent, sans qu’un voisin inculte leur demande de respecter une histoire ancienne, oui, ça me peine. Que des gens de gauche défendent la vision américaine de la démocratie, c’est-à-dire la vision utile du vivre ensemble, cette dépouille évidente de l’utopie, oui, ÇA FAIT CHIER.
Que des gens de gauche défendent les musulmans au nom de la liberté tout court, ça me fait doucement marrer. Que des gens de gauche défendent des croyants à cause d’un passé colonial d’il y a quatre générations, je rêve. Que des gens de gauche défendent des musulmans au nom du relativisme, je suis atterré.
Que des gens de gauche défendent la religion en général parce qu’il y a des dominants et des dominés : de quoi se flinguer.

Que des gens de gauche aillent dans le quartier de mon ancien lycée et compte les filles voilées contre leur gré. Que l’on monte dans le tramway pour voir ces femmes converties en armure noire, deux yeux derrière.
Mona, de mes anciennes copines, je peux te donner les noms. Mais j’ai peur qu’elles se reconnaissent et qu’on les punisse. De leurs corps, elles partageaient peu à cause de la peur des coups. Nous sommes nombreux à pouvoir témoigner. On pourra toujours crier au sexisme : c’est un sacré privilège, parfois, de pouvoir crier au sexisme...

Mona, que crois-tu ?

Aurais-tu défendu l’Allemagne il y a si longtemps parce que, après tout, c’était sa culture ? Crois-tu vraiment qu’il ne se passe rien ? Peut-on faire confiance aux croyants ?

J’écris tout cela sans répondre point par point à des arguments sempiternels. Ces arguments sont si minuscules par rapport à la Voie Lactée et à Andromède, que je n’ai qu’un conseil. Mona, toi et les autres, ceux qui, sans s’en rendre compte, seraient les premiers à se faire descendre par ceux qu’ils ont défendus, comme les imbéciles qui voient leurs bébés bouffés par leurs propres pitbulls, Mona, regarde Arté : on y passe en ce moment de belles histoires d’étoiles et de galaxies. Je te propose d’en parler aux croyants de tous poils. Car si je cite ici les Musulmans, je n’oublie personne d’autre : les croyants méritent de regarder parfois la télévision, de nous savoir si minuscules dans l’infographie orangée de l’espace qui s’étend sur du rien.

Seule la science et sa poésie sans limite peuvent faire de nous, aujourd’hui, des êtres spirituels et pleins de doutes. Mona, les autres veulent ta peau et la mienne. Le fascisme qui s’annonce a de nombreuses couleurs de peau et des accents divergents. Mais c’est bien le même : celui qui soumet les crédules, rassure les abrutis, empêche de penser et prêche, par-dessus tout, la force. Son respect des traditions est tout le contraire de ce que devrait être la gauche si elle existait encore, empêtrée qu’elle est dans son combat pour les minorités visibles et pas pour la justice sociale...

Mona, tu te trompes de combat. Défendre un autoritarisme parce qu’il est le fait d’une minorité ethnique, c’est défendre un autoritarisme quand même.

Mona, sais-tu qu’un jour, Andromède entrera en collision avec la Voie Lactée ? L’évènement devrait avoir lieu dans trois milliards d’années.

De loin, ça devrait être très beau.

Nous ne serons plus là pour en parler.

Parce que nous sommes si minuscules.

Et seuls.

A bas toutes les religions.