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La promotion des déjà promus

lundi 11 mars 2013, par Grosse Fatigue

Ce n’est pas que je n’aime pas David Bowie. C’est pour moi un immense génie. Je pleure en écoutant Letter to Hermione et je sais, grâce à lui, qu’il n’y a pas de progrès dans l’art. C’est sans doute l’idée principale qu’il faudrait enseigner aux petits enfants, le plus tôt possible, afin de les décrotter définitivement de l’innovation permanente et de l’obsolescence programmée.

Pas de progrès en art, de Bach à Mozart, de Brel à Miles Davis, il suffit de dévorer ce passé. J’oublie la peinture, la littérature et l’etcetaera.

J’adore David Bowie, j’aurais voulu être David Bowie, j’ai cru être David Bowie en 84 à la fête du lycée avant le bac, me grimant tout comme lui et en oubliant, adolescence oblige, que l’image se photocopie, et que le talent est surtout composé de travail.

J’adore David Bowie.

J’aime aussi Lou Doillon, du moins pour les promesses buccales et les bacchanales fantasmagoriques que m’inspirent ses lèvres. On est peu de choses même quand on est fille de stars.

Mais pourquoi ? Pourquoi doit-on promouvoir David Bowie sur France-Inter et sur FIP des journées entières ? Pourquoi promouvoir ceux qui n’ont besoin de rien ? Et que reste-t-il du talent ? Je me souviens du musée Picasso de Barcelone. Il aurait fallu que le maître meure un peu plus jeune. La force des Hendrix et des Jim Morrisson. A la fin, Picasso, c’était de la merde avec une signature. Rien à promouvoir, rien à montrer. Disons qu’à un moment donné, il n’y a plus de génie chez certains. Il faudrait refaire la queue comme tout le monde, changer de nom et envoyer son manuscrit par la Poste. La vie des autres serait plus variée, et l’on en découvrirait d’autres, des Bowie.

Il faudrait même en faire un principe global. Repasser par la case départ, obligatoire, CV anonyme et écoutez-donc ce que je me sens capable de faire, on en verrait des nouveaux talents, des voix et des pinceaux. Internet était sensé nous en amener des cartons entiers, je n’ai pas vu grand-chose, je ré-écoute Ascenseur pour l’échafaud et ça me va bien.